C'est bizarre, en ce moment, ce qu'on peut entendre à la radio ou lire dans les journaux. Tous ces faits, auxquels les médias ont choisi de donner de l'importance, ces informations qui sont mises en avant. Ou bien, peut-être, toute cette activité est mise en avant par notre gouvernement, pour on ne sait trop quelles raisons.
Bref. De quoi veux-je parler ? Mes sources d'informations principales sont France Inter, Libération (en grève en ce moment) et Le Monde. Ce qu'on appelle des grands médias généralistes. Et en gros, voilà ce que j'ai retenu des derniers jours (c'est en vrac):
- l'état d'urgence est décrété pour une période de trois mois par le gouvernement;
- adoption par le parlement du texte de loi sur le bracelet électronique, c'est pour les récidivistes délinquants sexuels (Le Monde);
- projet de loi anti-terroriste : encore plus de video-surveillance.
Trois faits, bruts de toute interprétation. Tout ce que j'entends en ce moment, ce que je lis, tous ces gros titres, tout, tout, est justifié au nom de la Sécurité.
Pour l'état d'urgence, au moment ou il est décrété, les services de police annoncent un retour à la normale de la situation. Un petit rappel sur l'état d'urgence, tiré du site institutionnel du Sénat:
Art. 1er. - L'état d'urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, de l'Algérie ou des départements d'outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public, soit en cas d'événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique.
Il faudrait déjà enlever cette référence à l'Algérie. Ensuite, on parle de péril imminent et de calamité publique. Ils veulent parler du taux de chômage en France, c'est ça ? C'est pour une réquisition de l'outil de production au profit des classes laborieuses ? Ou alors, le gouvernement estime qu'une voiture qui brûle, ça ne respecte pas le protocole de Kyoto, et ce n'est pas bon pour notre planète ?
Le bracelet électronique, combien de temps faudra-t-il avant que ce procédé soit étendu à d'autres types de délinquants ? Combien de temps avant que la carte d'identité biométrique et électronique ne serve au même usage ? Quant à la surveillance électronique, même le métro anglais, sous surveillance, n'a pas échappé aux attentats. On peut d'ailleurs consulter l'avis de la CNIL, sur le projet de loi antiterroriste, ou le dossier sur la biométrie et les titres d'identité. En résumé, pour la loi antiterroriste, la CNIL demande que les mesures exceptionnelles ainsi envisagées soient assorties de plus de garanties et de contrôles pour préserver les libertés individuelles. Et pour la carte d'identité biométrique, elle émet des extrêmes réserves.
Bref, ces trois faits, ces trois informations que j'ai retenus ces derniers jours, sont tous liés à ce que j'estime être une dérive sécuritaire. Ça se téléscope bizarrement, tout ça, ça fait un drôle de bruit. Par contre, je n'ai pas entendu ni lu beaucoup de journalistes tenter de faire une analyse avec un peu de recul de la politique de sécurité française.
En fait, ne serait-ce pas une bonne idée d'arrêter de se faire peur, et de s'occuper un peu du problème du chômage ? (oui, je sais, je suis obnubilé par le chômage)
Ah, non, je suis pas entièrement juste, il y avait ça aussi:
- le projet de loi d'orientation et de programmation de la recherche (Le Monde) prévoit que l'augmentation de l'investissement dans la recherche en France soit financé à 70% par les entreprises (pour que le gouvernement puisse tenir ses engagements vis-à-vis de l'Europe en termes de financement de la recherche).
On peut imaginer que les entreprises vont suivre le gouvernement, sur ce coup là. Ou pas.
Bon, c'est pas tout ça, mais il faut que j'aille photographier la neige qui tombe.