Denny's

Il y a quelques temps, à la faveur de jours de congés, j’ai profité de l’occasion pour approfondir mes séries de photos en forêt. Ne voulant pas faire les choses à moitié, j’ai chargé une boite complète de Kodak Portra 160C (dix plan-films, donc cinq chassis), et six plan-films de Kodak 320TXP (trois chassis, c’est ma quantité pour le développement).

La Portra 160C est un négatif couleur qui a la réputation de bien encaisser les hautes lumières, donc des forts contrastes. Pourvu que le scanner suive, il est possible de trouver des détails en hautes lumières sans être complètement cramé. C’est donc un choix qui me semble logique pour de la forêt en hiver: la neige au sol amène un fort contraste avec soit des arbres très sombres comme les sapins, soit des troncs dépourvus de feuilles.

Telemark boot
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J’utilise Lightroom pour stocker, organiser et traiter les photos, quelle que soit la source : scan de film, ou numérique. Lightroom est un très bon logiciel, mais qui ne tourne pas sous Linux. Utiliser Lightroom, c’est donc se restreindre à Mac ou Windows. Mon ordinateur actuel est vieux (environ 8 ans), de plus en plus lent et va finir par me lâcher. Le remplacement arrive. Mac ou Linux ? Si j’arrive à trouver une alternative fiable à Lightroom, Linux. Sinon, je resterai avec Mac.

Et voilà, aujourd’hui j’ai shooté ma première photo en New55 !

New55 #02 : Cucurbita pepo

New55 FILM est une compagnie qui tente de re-créer un équivalent du fameux et disparu Polaroid-55. Le produit phare de New55 FILM c’est le New55 PN (pour Positive Negative), un film Noir & Blanc à développement instantané (comme feu le Polaroid) et qui donne un positif et un négatif. L’ambition affichée est d’obtenir un négatif de bonne qualité, donc réutilisable pour des tirages ultérieurs à partir du négatif.

Pour l’instant, j’ai fait un test à 100 ISO, et ça me donne un positif un peu clair, et un négatif de bonne densité. La photo ci-dessus est issue du scan du négatif. Le positif s’obtient en “peel apart”: on expose la photo, on fait passer dans les rouleaux pour étaler la chimie, on attend quelques minutes et on sépare toutes les couches pour en extraire l’image positive. Ensuite le négatif peut lui aussi être extrait, plongé dans un fixateur et nettoyé.

La compagnie New55 FILM s’est montée avec un financement collaboratif “QuickStarter” (pour développer et stabiliser les recettes et processus), et se finance maintenant en vendant les quelques boites de films qui sortent de leur production. Leur dernier billet de blog n’est pas très optimiste, ils font face à la fois à des problèmes financiers et matériels.

A 85$ la boite de 5 films instantanés, je ne vais pas en acheter beaucoup. Sur une photo, je suis content du résultat, je suis content d’avoir l’occasion de pouvoir photographier comme si j’avais du Polaroid 55 (je serais encore plus enthousiaste si quelqu’un se relançait dans la production du Kodachrome en 4x5…), mais en regard de ma production photographique (à fonds perdus), c’est trop cher. Perdre un plan-film Provia à 5 euros, ou un TriX-320 à 2,5 euros suite à une erreur d’exposition ou de manipulation reste envisageable. Pas 17 dollars. Espérons une baisse de prix et une production stabilisée !

Troncs alignés

Ou comment enfin retrouver les couleurs des films après le scan…

Golden hour

Je ne suis pas satisfait du rendu des couleurs de la série de photos d’Ecosse, il y a définitivement une approximation quelque part entre le scan, l’importation des photos dans Lightroom, et la conversion jpeg pour le web. En scannant des photos de forêt prises le matin tôt, autour du lever du soleil, à la fois les couleurs et l’exposition étaient incorrectes: dérive des couleurs, rendu beaucoup trop sombre.

C’est particulièrement flagrant avec des films diapo (comme la Provia 100F), ou la comparaison est directe.

J’ai une fois de plus cherché sur internet comment régler Vuescan pour piloter proprement le scanner (Epson V700) pour scanner des films Provia 100, et miracle, j’ai enfin trouvé comment proprement scanner une mire de réglage IT8, le bon soft pour en faire un profile ICC, et les réglages de Vuescan pour avoir quelque chose de reproductible. Ouf !

Donc voilà:

La procédure (en fait une procédure de calibration du scanner, assez simple, mais à faire proprement):

  • scanner la mire IT8 avec des réglages de Vuescan par défaut (fixer l’exposition, pas de correction de balance des blancs, faire un fichier RAW au format TIFF);
  • importer l’image de la mire dans RoughProfiler, importer le fichier de référence correspondant, créer un profil ICC;
  • scanner les photos avec les même réglages;
  • importer les photos dans Photoshop, leur attribuer le profil ICC, sauver;
  • charger dans Lightroom.

Comptage des brins d’herbe (verte !) avec le 90mm:

PF#2015-10-05 Vertical

Écosse, été 2015

le pays de la pluie tous les jours

Au programme: du brouillard, de la pluie, et des nuages, et des ales…

C’est un pays de paysages, qui fait regretter de ne pas y passer plus longtemps, dans toutes les conditions météo, à toutes les saisons. Qui donne envie de le voir à travers une chambre, en grand format. Qui demande une lente pérégrination, à regarder passer la lumière. En voilà quelques photos, insatisfaisantes forcément, tellement tous ces paysages sont à photographier… et le résultat n’est pas à la hauteur.

Nous y avons perdu notre tente, mats pliés, cassés, toile déchirée. Une belle tempête venant de Skye nous l’a détruite. La photo suivante a été prise la veille de la tempête.

Camping, Morvich

La montagne au niveau de la mer, les lumières du nord à portée de main, les repas généreux au fond des pubs. Tout incite à y retourner. On en oublierait presque les midges…

Tour Sud.

Le décentrement est le mouvement le plus simple à appréhender à la chambre. C’est un déplacement, horizontal ou vertical, de la zone sensible dans l’image produite par l’objectif.

L’objectif de chambre a une zone d’image nette plus grande que la surface du film, c’est une de ses caractéristiques: on parle de «cercle image». Dans ce cercle, l’image sera nette et non vignettée. Un mouvement dans ce cercle permet de sélectionner une portion d’image sans déformations, car les plans restent parallèles.

D’après la liste de Large Format Photography, le Nikkor SW 90mm f/8 a un cercle image de 235mm, ce qui permet un déplacement vertical de 47mm en mode portrait pour un film de 4x5 inches. Un bon objectif qui fait partie des Futures Classics.

Je peux donc déplacer mon film de 47mm pour sélectionner la partie de l’image qui m’intéresse. Mon film fait 127mm de haut (5 inches). J’ai donc un débattement théorique de plus d’un tiers du film, en pratique un peu plus reste acceptable au prix d’un peu de vignettage. Pour la photo ci-dessus. je suis plus proche de 50mm.

La chambre c’est bon, mangez-en !

Trouvé via le site photo-eye.blog, le photographe Michael Lange présente avec Wald une série de photographies de forêt. Prises au crépuscule, pour éviter que la lumière ne devienne le sujet par son jeu dans les feuilles, elles paraissent à la fois grises et majestueuses.

La vidéo ci-dessus est enregistrée à l’occasion d’une exposition. Michael Lange y revendique une lumière plate, et l’absence de tout élément distinctif d’origine humaine. L’observateur doit pouvoir ne voir que la forêt, et son imagination se développer.

Une approche bien différente de Nobuyuki Kobayashi !

Voilà une série de photos inhabituelles (par comparaison avec ce que je fais d’habitude), des portraits.

Le protocole était le suivant:

  • une chaude et très lumineuse journée de juillet;
  • un mur de pierres, et quelques arbres pour donner un peu d’ombre;
  • un grand fauteuil en osier;
  • un chambre 4x5’, une boite de plan-films Fuji Across 100 (noir & blanc), un objectif Fujinon 250 f/5,6;
  • aucune directive d’installation, chacun était libre d’être debout, assis, vautré sur le fauteuil, et libre de prendre n’importe quelle pose.
Brigitte et Remi

La prochaine fois, il faudra un protocole plus strict, afin d’avoir une meilleure homogénéité de la série:

  • conserver la distance chambre - fauteuil constante, en essayant de se rapprocher;
  • avoir un fond uni (drap, blanc ou gris);
  • éclairer les visages (avec un réflecteur par exemple) pour avoir un peu plus de contrastes.

A suivre, peut-être …

Le Charvin, pris de Notre Dame de Bellecombe. Prise de vue au jugé : f/22, 2h, avec un Fujinon 5,6:250.

PF#2015-03-01 Charvin and the stars

Cette fois en doublant le temps (4 heures) et en ouvrant 2 fois plus (f/16). Toujours au Fujinon 5,6:250.

PF#2015-04-05 2nd Charvin and stars

L’effet de réciprocité doit beaucoup jouer, quatre fois plus de lumière ne me donne pas une neige sur-exposée. Le seul effet bien visible est l’allongement des traces d’étoiles. Détails à l’échelle 1:2, pour un scan à 1600 DPI (image de 600 pixels de large, donc on voit 0,75 inch de large.

PF#2015-04-05

Et un détail à l’échelle 1:1 (là on voit les limites du scanner… ) :

PF#2015-04-05