Les quatres fleuves, de Fred Vargas et Baudoin, éditions Viviane Hamy, noir et blanc.

Qui ne connaît pas Fred Vargas ? Qui n’a pas déambulé avec le commissaire Adamsberg, en attendant qu’il se passe un “truc intéressant” ? Qui n’a pas bu une bière avec Louis Keihlweiler - l’Allemand - ? Bref, Fred Vargas est auteur de rompol ou le temps l’emporte sur le sensationnel et les effets spéciaux, avec des personnages un peu bizarres, un commissaire chiffoné, un vieil inspecteur déchu, mais bien réels (comme des docteurs au chômage, si vous voyez ce que je veux dire …).

Baudoin est un auteur de BD que je ne connaissais pas, qui a publié entre autres chez Futuropolis et à L’association. Il va falloir approfondir un peu tout ça.

Ces deux là se sont associés pour créer un rompol en BD (ou une BD noire, ou encore un polar illustré ?). On y retrouve Adambserg et son acolyte Danglard, qui poursuivent - mais pas trop vite, c’est plus un affût qu’une traque - un type surnommé le Bélier, à cause des curieux dessins qu’il incise sur ses victimes. L’affaire commence par le petit bout de la lorgnette, quand Vincent et Grégoire, à la suite d’un vol à la tire, trouvent dans un sac quelque chose d’assez dégueulasse. Et le soir même, Vincent est assassiné.

Les quatres fleuves, couverture

Le dessin sombre de Baudoin, avec des traits épais, des cases qui disparaissent par endroit sous l’influence de l’image ou du dialogue qui s’étend, les visages des personnages qui semblent par moment apparaître de l’ombre, tout cela colle avec l’écriture de Fred Vargas et l’intrigue qui se dévoile, lentement.

C’est du bon polar en BD, et c’est de la bonne BD noire, l’ensemble est cohérent - ce n’est pas un genre plaqué artificiellement sur un autre.