Pour l'instant, seuls les geeks s'affolent. Mais tout utilisateur d'internet en France risque d'être vite concerné par le nouveau (pas si nouveau que ça) projet du gouvernement Fillon : la "charte de confiance en ligne".

Le but de cette charte, c'est d'obliger les fournisseurs d'accès internet à faire la police sur le contenu des sites et sur le contenu des connexions. La bonne grosse intention affichée qui rassure la ménagère de plus de 50 ans, c'est "la protection des mineurs et la lutte contre les escroqueries". Mais au menu, il y a aussi le filtrage massif des connexions par les fournisseurs d'accès, la conservation des données de connexions (qui faisait quoi à quelle heure ?), le signalement automatique des infractions ...

Deux mesures qui font froid dans le dos:

  • la diminution des procédures judiciaires : pourquoi s'emmerder à passer par un juge qui applique le droit, alors qu'il suffit de demander gentiment au fournisseur d'accès de supprimer du contenu pour que ce soit fait rapidement ? Surtout que le FAI y sera obligé.
  • l'introduction d'un label : les sites seront munis (ou pas) d'un label de qualité. Qui sera garant de la salubrité morale ... bouh, la vieille odeur de censure moralisatrice pas fraîche ....

Alors, pour Madame Michu, ménagère de plus de 50 ans qui n'est ni pédophile ni nazie, qu'est ce que ça pourrait changer ? Et bien une partie d'internet lui deviendrait invisible (cette partie que les FAI vont devoir filtrer). De toute manière, elle n'aura accès que aux site que la Commission de Déontologie du Petit Père de la Nation a autorisé (label de salubrité morale). Si elle tente d'aller voir ailleurs, ses connexions seront enregistrées dans un grand fichier. Non mais. Et puis de toute manière, ces articles qui datent de plus de 3 mois sur les dernières frasques du Petit Père de la Nation, Madame Michu ne les retrouvera pas, ils ont été supprimés (suppression des contenus passifs). Pov' Mame Michu.

Source initiale : l'article de PCImpact.

Autres liens : la quadrature du net, le monde.

Attention, le petit Nicolas vous surveille !

Mise à jour 13 juin : Un article de Libération (Ecran)