(Bon, ça fait quasiment un mois que ce billet traine. Posté tel quel, sinon il ne le sera jamais.)
Mon dernier billet "bouquins" remonte au mois de septembre. Ce n'est pas que j'ai arrêté de lire, non, c'est plutôt que passant tout mon temps devant un écran au boulot, j'ai la flemme de m'y recoller.
Petit tour d'horizon de mes (pas si récentes) lectures.
- je poursuis la lecture de Conrad, (volume I dans la "Bibliothèque de la Pléiade"), avec Lord Jim. J'aime beaucoup lire dans la "Pléiade", parce que les introductions, postfaces et notes permettent d'étendre la lecture, et de comprendre le contexte, tout en restant séparé du texte (les notes ne sont pas en bas de page), ce qui permet aussi d'en faire abstraction. Le volume II m'attend, avec en particulier Au cœur des ténèbres, qui a inspiré Apocalypse Now.
- Nathaniel Hawthorne, La lettre écarlate. En cours de lecture. Il me semble que c'est un des grands classiques des débuts de la littérature américaine, auquel beaucoup d'auteurs font référence (entre autres, Jim Harrisson). Puritanisme, péché, rédemption, honneur ...
- un recueil de trois nouvelles de Rick Bass, platte river. Sur la recommandation du Matricule des Anges (d'ailleurs, c'est encore sur leur page d'accueil). plate river ce sont des histoires très simples, qui parlent de la nature et des humains, des relations entre les deux, du temps au présent. Difficile à expliquer, parce que ça ne raconte pas grand chose en fait, sauf que c'est très agréable à lire, simple.
- Tropique du Capricorne, d'Henry Miller, est tout le contraire du précédent: ça bouge dans tous les sens, c'est un bouillonnement qui ne s'arrête jamais, complètement exubérant, excessif. L'écriture m'a fait penser à Céline. A relire.
- j'avais bien aimé 1979 de Jean-Philippe Blondel - l'écriture en était plaisante, et j'étais bien entré dans l'histoire. Mais j'ai un peu été déçu par Un minuscule inventaire. L'écriture est toujours agréable, mais c'est la structure de l'histoire qui m'a semblé plus lourde. Brièvement: le narrateur vend à un "vide-grenier" certains objets lui ayant appartenu, et chaque vente lui rappelle les souvenirs associés. Réminiscences. C'est une glissade dans l'allée aux souvenirs à chaque objet, et le tout finit par construire un petit monde. Mais ce qui m'a le plus gêné, c'est la deuxième partie, ou pour chaque objet c'est le point de vue de l'acheteur qui est adopté. J'ai l'impression que l'ensemble aurait à y gagner si cette deuxième partie avait été plus "fine", si le mécanisme en avait été enchevêtré avec la première partie. Pour un effet moins "catalogue", peut-être. Bon, c'est tout de même un livre agréable.
- Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta. Prix Goncourt 2004, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
- La nuit de l'oracle de Paul Auster: classiquement emboité, histoire mise en abime.
- un grand classique que je n'avais jamais lu: Les haut de Hurle-Vent, d'Emily Brontë. J'aime beacoup le titre anglais, complètement imprononçable (Wuthering Heights)
- recommandée par J-P. Blondel, Siri Hustvedt: j'ai choisi au hasard Les yeux bandés, et je n'ai pas été déçu. Si je peux me permettre, c'est très "Auster-ien" comme écriture, et comme histoire. Le récit se situe à New York, la narratrice était une doctorante (en histoire de l'art peut-être).
- Le livre de Joe, de Jonathan Tropper, qui raconte avec un mélange d'ironie et de sarcasme l'atmosphère un peu étouffante d'une petite ville de province. Lecture pas déplaisante, une version soft de B. E. Ellis.
- William Burrough, Le festin nu: vraisemblablement le seul bouquin que je n'arriverai jamais à finir. Commencé plusieurs fois, jamais fini. Trop incohérent, je finis par me laisser détourner sur d'autres lectures.
- Maus, de Art Spiegelmann : un grand classique de la BD (plutôt du "roman graphique"), à la fois sur l'holocauste et la relation d'un fils avec un père qui raconte son expérience concentrationnaire. Extra-ordinaire.
De plus en plus, je me rend compte qu'il est assez difficile de résumer, ou critiquer, ou transmettre l'envie de lire un livre. J'ai du mal à sortir de la simple qualification "j'aime / je n'aime pas".